CADIX

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Séville, 117 km. - Tarifa, 92 km.

157770 hab. - Capitale de la province de Cadix (Andalousie).

Cadix est une ville fortifiée, bâtie sur un rocher baigné de tous côtés la mer, à l'exception d'un étroit isthme sablonneux qui le rattache au continent et ferme, au Sud, la baie de Cadix, traversée par une nouvelle chaussée, elle-même établie sur une digue.

Une ville d'une grande diversité. - Ville portuaire avec ses chantiers navals, Ville moderne aux grands immeubles impersonnels dans ses nouveaux quartier, pittoresque et animée dans sa partie ancienne, Cadix séduit par son charme un peu décadent et « fin de siècle », avec ses façades érodées par le vent de l'Atlantique, et la nostalgie des grandeurs passées.

Depuis l'année 1947, ou l'explosion d'un entrepôt de mines détruisit une partie de l'agglomération, la physionomie de la Tacita de plata (la petite tasse d'argent) s'est considérablement modifiée. La difficulté pour trouver des terrains à bâtir a engendrer une urbanisation verticale et, malgré l'émigration (phénomène commun a toute l'Andalousie), Cadix a une forte densité de population. La ville reste essentiellement un port, pont entre l'Europe et l'Afrique, projection vers l'Amérique, lieu de rencontre des peuples commerçants et enclave disputée au cours des siècles.

Un comptoir de l'étain. - Au XIIe s. avant notre ére, sans doute, sont établies les premières relations maritimes entre la Phénicie et le royaume de Tartessos,en  Andalousie, qui est devenu un important centre industriel grâce a ses mines « Tarsis était ton client, profitant de l'abondance de tes richesses. On te donnait de l'argent, du fer, de l'étain et du plomb contre tes marchandises. » (Ezéchiel XXVII,) Ainsi se trouve définie la nature des relations commerciales entre Tyr le royaume de Tartessos : en échange de ses produits manufacturés, la première reçoit les métaux dont elle a besoin, et notamment l'étain, indispensable fabrication du bronze, qui provient des mines des brumeuses Cassitérides localisées selon les uns dans le N. de la péninsule Ibérique et, selon les autres, en Bretagne voire même en Cornouaille.

Archéologiquement parlant, l'occupation phénicienne de ce rocher est attestée partir du IXe S. av. J.-C. La cité phénicienne de Gadir devient par la suite carthaginoise, puis romaine sous le nom de Gades (et Julia Augusta Gaditana),d’ou le nom de Gaditans donné encore aujourd'hui a ses habitants.

Ruinée au temps des Wisigoths, Cadix tombe au pouvoir des Maures peu après la bataille du Guadalete (711), elle est dévastée par les Nonmands en 1013, reconquise par Alphonse X de Castille en 1262. Elle est alors peuplée avec colons venus de la Montana; c'est-a-dire de la région de Santander.

L’ultime réduit face a l'invasion napoléonienne. - Après la découverte, l'Amérique, l’importance du port de Cadix s'accroît considérablement. Elle suscite la convoitise des Anglais, qui prennent la ville d'assaut en 1596 et la saccagent reviennent trente ans plus tard, mais sont repoussés. lord Nelson la bombarde en 1797.

C'est du port de Cadix que part l'escadre franco-espagnole qui se fait battre à  Trafalgar, par Nelson, en 1805. Pendant la guerre d'Indépendance, elle dvient l'ultime refuge de la Junte insurrectionnelle et les Cortes, convoquées par celle ci y proclament la Constitution de 1812, abolie par Ferdinand VII en 1814, mais que ne cessent de réclamer les libéraux d'Espagne et des Deux-Siciles. En 1820, Riego y proclame a nouveau la Constitution, a laquelle s'oppose encore le roi, qui y  est conduit de force, en 1823. L'expédition des Cent Mille fils de Saint II commandée par le duc d'Angoulême, vient le délivrer la même année, après avoir pris le fort du Trocadèro, Cadix est alors occupée par l'armée française jusqu' fin de 1823.

Cadix aujourd'hui. - C'est essentiellement une ville industrielle (constructions navales, industries alimentaires, pétrochimie). Son agriculture n'est pas très développée malgré l'importance du nombre des personnes employées dans ce secteur. La pêche subit une crise après avoir été génératrice d'emplois au cours de ces dernières années.

Fêtes. - Carnaval en fév. et mars

Visite de la ville

Une demi-journée il Cadix. - Vous visiterez a Cadix (a pied, itinéraire 1), surtout la cathédrale, l'hopital de IV sa del Carmen (tableau du Greco), l'église San Felipe Neri (tableaux de Murillo) et le musée des Beaux-Arts (œuvres de Murillo et de Zurbaran), et vous ne manquerez pas de suivre (en voiture, itinéraire 2) la promenade des anciens remparts, en s'arrêtant au passage pour visiter la chapelle Santa Catalina (peintures de Murillo).

1 - La vieille ville

Promenade de 2 h environ, a effectuer a pied de la plaza de San Juan de Dias (parking sur cette place ou prés du port).

Pour parvenir à la plaza de San Juan de Dios, vous passerez par la plaza de la Victoria 012

 où se trouve la puerta de Tierra, porte de ville percée en 1751 dans le rempart du XVIIe s., en grande partie détruit dans ce secteur lors d'une explosion, en 1947.

De la plaza de San Juan de Dios (plan 03), bordée par l'ayuntamiento, édifice de style néo-classique des XVIIe et XVIIIe siècle ., passez sous l'arco de Populo , ancienne porte de ville avec une chapelle reconstruite en 1621, pour atteindre la plaza de la Catedral (palais épiscopal du XVIIIe s.).

Cathédrale. - Construite en style néo-classique assez lourd il partir de 1702, elle fut achevée en 1838. Elle est surtout intéressante pour les stalles. du chœur, sculptées par Pedro Duque Vornejo, un élève de Pedro Roldan, et pour les œuvres d'art qu'elle renferme: statue de saint Bruno par Martinez Montanés (dans la chapelle de San Sebastian, à gauche) et son trésor (visite de 10 h il 13 h et de 16 h il 18 h) : custode attribuée il Enrique de Arle, une autre custode, de 3,35 m de haut, œuvre d'Antonio Suarez (1648), un crucifix en ivoire attribué à  A. Cano, un Christ en croix, peint par le même artiste, une Immaculée Conception de Murillo, etc.

Dans cette partie de la ville, les amateurs de détails pourront encore voir l'ancienne cathédrale fondée au XIIIe S. mais reconstruite en 1602 (retable sculpté de 1650), l'église de la Merced , de 1629 (fresques dans la sacristie, par CI. de Torres).

Par un itinéraire assez compliqué, vous pourriez encore atteindre (prendre a gauche dans la calle de la Yedra, en sortant de l'église de la Merced, puis au bout a dr., ensuite a gauche dans la calle de Suarez de Salazar) le couvent de Santo Domingo (1645-1667), dont l'église est décorée en style baroque. Dans l'église de Santa Maria , azulejos du XVIIe S.

Sur le chemin de l'hôpital de N S del Carmen, vous passerez devant l'église de Santiago , où se trouve un retable baroque, puis, en faisant un petit détour, au pied de la tour de Tavira , qui domine l'ancien palais de Casa Recano.

La chapelle de l'ancien hôpital de Nuestra senora del Carmen renferme un tableau du Greco: Saint François en extase, et un chemin de croix en céramique sévi liane du XVIIIe s.

Dans l'église San Felipe Neri , ou se réunirent les Cortes pendant le siège de 1811-1812 par l'armée française, remarquez surtout, au maitre-autel, un tableau de l'Immaculée Conception par Murillo; à signaler également une tête de saint Jean, en terre cuite, de Pedro Roldan.

A partir de là, les amateurs de détails pourraient encore voir le musée municipal, surtout intéressant pour les passionnés d'histoire (nombreux documents sur la guerre d'Indépendance, le Siège de 1811-1812), Gran Teatro Falla , s'ouvrant sur la plaza de Falla, où se situe également., la casa de ciudad (1754), dont la chapelle abrite un tableau de Saint Jean dictant son évangile à saint Prochoros, œuvre du peintre crétois Jean Damaskinos. A côté du théâtre se situe l'église de la garnison, la Castrense qui renferme quelques tableaux et sculptures du XVIIIe siècle

Musée des Beaux-Arts . -II comprend une pinacothèque, l'un des plus intéressantes de l'Andalousie, et un petit musée archéologique est exposé le produit des fouilles effectuées dans la nécropole phénicienne carthaginoise de l'antique Gadir et dans les sites de la province.

Dans la 1er salle de la pinacothèque, au premier étage de l'Académie des Beaux Arts, on peut voir des œuvres de primitifs aragonais, d'Anton Van Dashorst Mor (Antonio Moro), de Francisco Rizi : Immaculée Conception; - de Herrera le Vieux ..

Saint Pierre et saint Paul; - de Murillo: Vierge à la ceinture; Ecce Homo; de Rubens: Sainte Famille; - de Bemard Van Orley: Vierge allaitant, etc.

4ème  salle (salle Anselma) : outre des collections de verreries phéniciennes, grecques et  romaines, peintures de Ribera: Ecce Homo; Murillo: Saint François.

5ème   salle: de Zurbaran : Saint Bruno en extase, Chartreux, Ëvangélistes, la pentecôte, Saint Anthelme, considérée comme l'une des meilleures œuvres de Zurbaran, etc., provenant de la chartreuse de Jerez, et le Miracle de la Portioncule, avec le semis de fleurs que l'on retrouve dans de nombreux tableaux du peintre.

6ème  salle (de l'académie) : œuvres de Van Eyck: Bonne d'Artois, duchesse d Bourgogne; - d'Alonso Cano: Autoportrait; - Juan Carreno de Miranda: portrait de Charles II ; - Claudio Coello, etc.

En revenant vers le point de départ, vous passerez par la Santa Cueva : église construite à la fin du XVIIIe s., qui renferme des peintures murales de Goya; la Cène et 1 Multiplication des pains. Dans l'église San Augustin , à façade de 1647, Christ de la Buena Muerte, par un artiste sévillan du milieu du XVIIe S.

2 - La promenade des remparts

Par l'avenida de Ramon de Carranza , le long du port, vous  passerez devant l'ancienne douane, un grand bâtiment de style néo-classique construit en 1773 et qui abrite aujourd'hui le Gobierno Civil, ava de suivre l'alameda de Apodaca, large artère agrémentée de jardins d'ou l' découvre de belles vues sur la baie de Cadix. Au-delà du parque Genovés , à gauche en face du balnéario (établissement de bains mer), hogar provincial  avec un patio d'architecture classique (1740) Un peu plus loin, à dr., une jetée mène au castillo de San Sebastian (1613;on ne visite pas).

En vous arrêtant sur le campo dei Sur (belles vues sur l'Océan et la côte rocheuse de la presqu'Île de Cadix), vous irez visiter la chapelle Santa Catalina

Au maitre-autel, des peintures de Murillo; au centre: Mariage mystique de sainte Catherine (la demière œuvre du peintre qui tomba de l'échelle en y travaillant et en mourut, en 1682; elle fut achevée par son disciple Meneses y Osorio; Dieu le Père et l'archange sont de la main du maitre); au mur latéral gauche, autres œuvres de Murillo: les Stigmates de saint François et Immaculée Conception. Œuvres de Salzillo : les Cinq Mystères du Rosaire, sculptures sur bois, et du Dominiquin: Saint Laurent de Brindes.

Environs.

1 - Puerto Real (13 km N.-E ; 21 465 hab.). - Ancien Portus Gaditanus des Romains, reconstruit par les Rois Catholiques en 1483, quartier général des Français pendant la guerre de 1808. Aujourd'hui, Puerto Real est un port actif avec une plage très fréquentée.

L'église de San Sebastian est d'époque Renaissance. Le retable baroque de la chapelle de San Benito abrite une sculpture de la Virgen de Montserrat, du XVIe S.

Dans le musée municipal, objets provenant du port romain.

2 - El Puerto de Santa Maria (21,5 km N.-E. )